L'oeil de la Lune - Anonyme

Publié le par Julien S. (Davalian)

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Le livre sans nom peut-il avoir une suite ? L’avis au lecteur répond à cette question ô combien existentielle, quoique généralement consécutive et donc ultérieure à l’achat de L’œil de la Lune.

La première partie continue d’ailleurs dans la même veine iconoclaste, la plongée dans l’absurde et le délire est tout simplement vertigineuse. Les emprunts au cinéma toujours aussi nombreux et aussi osés : Underworld laisse la place aux mauvais films de série B., au Da Vinci Code (désolé pour le pléonasme, mais je ne peux pas résister à la tentation), à la Momie (sans Brendan Fraser), aux Simpson (en la personne de Peto épris d’admiration pour la prestance capillaire de Tahiti Bob), même la Delorean de Retour vers le futur à droit à un comeback de quelques pages à côté de l'Interceptor de Mad Max. Manque plus que le Magicien d’Oz et l’ambiance si particulière de Santa Mondega (ses bars mal famés, ses vampires, ses loups-garous, ses épouvantails) pour réaliser un cocktail tout aussi détonant sinon plus que le tome précédent.

Le lecteur sera progressivement lancé dans un thriller imprévisible et inoubliable qu’il ne pourra lâcher… et qui le marquera (mais pourquoi de temps ?). Le final est tout simplement unique ! Bien conçu et impossible à prévoir à l’avance (sinon à commencer la lecture par les dernières pages, ce qui est un peu idiot). L’œil de la lune, concrètement à son titre est essentiellement centré sur le personnage du Bourbon Kid (tout un programme) et non sur le fameux talisman, qui rend immortel (ou pas !), guérit presque toutes les blessures (sauf les plus graves) et préserve de la gueule de poids. Tous les personnages, anciens (Jessica, Dante, Kacy, Sanchez, Peto) et nouveaux (Beth, Swann, Ramsès Gaius, De La Cruz et ses sbires) sans exception (sinon Casper peut-être…) sont des anti héros.

Cette suite est une véritable merveille, qui clôt une expérience débutée avec Le livre sans nom. Il faudra cependant réserver cette lecture à un public averti, outre le côté vulgaire, l’auteur anonyme fait clairement le choix du sordide... et atteint des sommets inégalés. Le dîner d’Hannibal et l’autopsie vue de l’intérieur de Maléfices (désolé Maxime, mais là tu es dépassé), passent aujourd’hui pour des moments de littérature empreints d’innocence. Du moins si on les compare à plusieurs passages particulièrement glauques mais toujours aussi réjouissants.

Franchement, vous pensiez avoir tout lu ? Et bien ça c’était avant ! Promis, vous ne verrez plus jamais les ascenseurs ni les bouteilles de whisky de la même manière. Un dernier petit conseil de lecture : mieux vaut s’enfermer chez soi, car les fous-rires dans les lieux publics semblent plutôt mal considérés…         

Publié dans Bourbon Kid

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