10 idées qui coulent la France - A. Landier et D. Thesmar

Publié le par Davalian

10.jpgCe livre, m’a été offert par Babelio et les éditions Flammarion dans le cadre de l’édition de septembre 2013 de Masse Critique. Tous deux méritent d’être ici chaleureusement remerciés.

L’incipit de 10 idées qui coulent la France est un constat plutôt déprimant de la situation économique française pour enchainer par une charge contre des politiques et discours qui selon Augustin Landier et David Thesmar ne parviennent pas à saisir la quintessence des enjeux économiques actuels. Pour preuve, les auteurs entendent dénoncer dix idées fausses.  

Ce livre n’est pas un traité d’économie, mais semble être un essai destiné au grand public pour ouvrir les yeux à tout un chacun. L’appareillage de notes et le raisonnement laisse a priori croire qu’il s’agit d’une démarche scientifique. Ainsi le seul réel postulat ici avancé vient renforcer ce premier constat : les politiques se doivent d’accepter, de soutenir et de faciliter la transition vers une économie de services. Pourtant et alors que les chapitres se suivent après les autres, le lecteur curieux sera rapidement surpris : d’une part agréablement par une lecture facile et accessible et d’autre part désagréablement.

Il en effet curieux de considérer qu’il n’y a pas ici de réelle antithèse. Exception faite de cette fameuse charge contre les idées admises. Encore que celle-ci s’appuie de beaucoup sur un raisonnement logique. Les auteurs passent assez étrangement un certains d’éléments sous silence. Quid des économies de services victimes de la crise ? Quelles possibilités de sortie, d’alternative ? Des dérives bancaires et financières, pourtant largement à l’origine de cette même crise il n’est pas question non plus. Du soutien de l’État non plus… Quant aux individus, cette démarche pseudo scientifique s’en soucie encore moins.

En résumé il est ici question d’une lecture agréable mais dangereuse. A ne pas mettre en toutes les mains, car un travail critique et une certaine distanciation sont de mise. D’autant que les auteurs ne font pas preuve de franchise : une déclaration de foi préalable est d’autant plus nécessaire que demeure l’impression générale que ce livre n’est qu’un éloge du capitalisme parmi d’autres.

 

Publié dans Essai

Commenter cet article