La Part de l'Aube - Éric Marchal

Publié le par Davalian

aube.jpgEst-il nécessaire de rappeler que l'auteur de La part de l'aube est Éric Marchal, l'auteur de Le soleil sous la soie (enfin édité au format poche) et de Influenza ? Oui, car son petit dernier porte sa marque distinctive.  

Il n'est pas ici question de la Lorraine, sinon par un clin d'œil habile qui va raviver de bons souvenirs. Au titre des absences doit également être déplorée celle de ce côté épique qu'il a su faire vivre dans tous ses précédents romans. La force de cette nouvelle histoire tient indéniablement à la qualité des personnages. Ceux-ci sont attachants à souhait. Le protagoniste, Antoine Fabert, est orignal dans son fond plus que dans sa forme : avocat agoraphobe n'ayant jamais plaidé et mâle charismatique de circonstance avec ses faiblesses. L'écrivain profite de l'occasion pour rendre hommage à un certain nombre de figures lyonnaises (François Prost et Aimé de la Roche). Antelme de Jussieu détone et force l'admiration tandis que l'inspecteur Marais suscite l'écœurement avec panache tant le personnage est cruel et odieux. Les femmes sont peut-être un peu trop en retrait... Mais il ne s'agit là que de quelques-unes des nombreuses figures qui sont évoquées. Leur nombre, leur force, les interactions... tout cela mérite le respect !

Le Lyon de Louis XVI est un cadre des plus sympathiques. L'histoire, le style de l'écrivain (toujours aussi remarquable soit-dit au passage) nous donnent envie d'aller y faire un séjour. Le monde particulier des avocats et celui de la justice d'Ancien Régime, la recherche historique sont les thèmes majeurs de cette fresque. Une nouvelle fois, Éric Marchal apporte un vent de fraîcheur en évoquant des thèmes oubliés et donc risqués car éloignés des sentiers battus.

Outre le débat (et le combat) des origines de l’identité française, de nombreuses petits moments viennent égailler l'œuvre. Ceux-ci peuvent donner l'impression de morceler l'histoire et de lui retirer son côté épique. Mais ils sont tous intéressants à suivre : l'émergence de la poste, le tissage, les araignées, le magnétisme, le monde de l'imprimerie et tant d'autres séquences... leur nombre dépasse l'entendement. Ils viennent également racheter une trame principale quelque peu heurtée et un peu aride bien que rapidement passionnante.

De nombreuses figures historiques (Parmentier, Voltaire, Marie Antoinette) viennent apporter la caution indispensable à tout bon un roman historique. En somme La Part de l’aube est un bon roman, riche et particulier qui va toutefois demander un petit effort pour le grand public.

Publié dans Eric Marchal

Commenter cet article