Mort suspecte d'un franc-maçon - Alain Thon

Publié le par Davalian

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Ce livre semble cumuler comme à loisir tous les handicaps à la vente. Un titre commun, presque banal imprimé sur une couverture simpliste. Un auteur inconnu et une maison d’édition qui l’est tout autant (cet ouvrage est le second de son catalogue). D’aucuns en déduiraient qu’il s’agit d’un ouvrage sans ambition sur lequel on peut passer sans l’ouvrir. D'autant qu'il n'est pas bon marché et compte peu de pages. Comme quoi les jugements vite faits, ne sont pas les meilleurs...

Le thème principal a un air de déjà-vu : le milieu policier et celui de la franc-maçonnerie. Quoi, encore un polar franc-maçon ? Quel manque d’originalité, c’est du déjà lu… Oui, certes le duo Giacometti et Ravenne est déjà passé par là. Oui les deux compères sont des valeurs sûres. D’ailleurs j’avoue sans honte être un adepte tout autant attiré par le pseudo symbolisme que par le côté hommage à Ian Flemming assumé avec fierté.  Oui oui, mais... Théo Filippi est une antithèse d’Antoine Marcas.

Voici une intrigue simple, tout à fait crédible sinon réaliste. Elle est plutôt bien agencée et révèle des surprises. Les personnages sont humains et attachants. Les échéances percutent : "J'ai une définition de la Tolérance et de la Fraternité qui peut expliquer le secret. La Tolérance, c'est d'admettre qu'en maçonnerie il y ait aussi des cons. La Fraternité, c'est de ne pas les nommer." L’ambiance parisienne est omniprésente et supplante de loin celle d‘un 36 quai des orfèvres vu, revu, lu et relu. Quant au style de l’auteur… il est empreint de sympathiques maladresses. Du moins fait-il de nombreuses références plutôt amusantes.  

Il n’est pas vraiment question de localisme ici. Certes, une partie de l’histoire se passe à Metz (ce qui est somme tout logique quant on parle de franc-maçonnerie) et l’auteur en profite pour en dresser un panorama à destination de touristes empli de préjugés… mais le passage en question ne concerne qu’une petite partie de l’ouvrage. D’ailleurs l’essentiel se passe à Paris, mais aussi à l’étranger : de Rome au Sénégal en passant par le Luxembourg.

Vous l’avez compris il ne s’agit pas d’un polar classique, ni d’un guide touristique, ni d’un piège à lecteur. Il se conçoit plutôt comme une porte ouverte à la réflexion. Un genre de guide initatiquo-explicatif du milieu des Fils de la veuve. Une bonne surprise, malgré un tirage qui restera sans doute confidentiel.

Publié dans Alain Thon

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