Misery - Stephen King

Publié le par Davalian

Une véritable misère, que dis-je une véritable honte ! Il y a de quoi : s’autoproclamer gros lecteur et ce sans avoir jamais ouvert un roman de Stephen King. A ma décharge, j’avoue avoir été tenté de commencer la saga de la Tour Sombre... Avec Misery, voici une erreur enfin réparée.

L’intéressé fait ici preuve d’une talent rare. L’histoire principale semble simpliste : Paul Shelton écrivain à succès se retrouve prisonnier de son admiratrice numéro 1, Annie Wilkes groupie quelque peu instable qui le force à écrire un roman. Le thème n'est rien moins qu'un prétexte pour évoquer la création d’une œuvre romanesque et expier les craintes de l'écrivain. Aussi les confessions sont-elles nombreuses : "fous un écrivain à poil, fais le tour de ces cicatrices, et il te racontera en détail l'histoire de la plus petite d'entre elles. Les grandes sont à l'origine de tes romans, pas l'amnésie. C'est tout à fait utile d'avoir un peu de talent pour devenir écrivain, mais la seule chose qui soit absolument indispensable, c'est la capacité de se souvenir de la moindre cicatrice." 

L’histoire actualise à son époque (1986) un débat qui passionne les esprits depuis le XIXéme siècle : les conséquences de la lecture intensive de romans sur la psyché. Pourtant, nous sommes loin des cogitations qui entourent la publication de Madame Bovary de Gustave Flaubert. Le débat est plus que violent. Certaines scènes sont à la limite du supportable et peuvent passer pour une source d’inspiration de la série de films Saw. D’ailleurs le dénouement est franchement dérangeant à lire. Je pense avoir lu ici quelque chose de plus glauque que la scène d’autopsie à cœur ouvert décrite par Maxime Chattam dans Maléfices.

Malgré ce côté spectaculaire et sanglant, l’intrigue dévoile une profondeur inattendue : King maitrise avec maestria la mise en abîme. Plusieurs histoires se rencontrent : autant d'invitations à poursuivre la lecture. Il s'agit moins d'un roman que d’une pièce de théâtre. La tension dégagée par cette confrontation à huis clos est palpable et omniprésente. Comme tout bon thriller, l’attention du lecteur est aiguisée à chaque page. 

Un bon livre, mais j’avoue que le côté sanglant m’a quelque peu perturbé : trop c’est vraiment trop. De même pour le dénouement qui ne m’a pas convaincu. Malgré cela, le roman mérite d’être lu, ne serait-ce que pour le croisement d’histoires parallèles et le règlement de compte sous-jacent avec un certain type de littérature… et de lecteurs. 

Publié dans Thriller

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SK 02/07/2016 01:34

Ta critique est absurde ! Tu dis être choqué par du Stephen King et que trop c'est trop mais c'est une blague ??? Il y a RIEN de choquant ! Tu aurai du te préparer avant de te lancer tête baissée dans ce livre, car C'EST l'univers de Stephen King et ce roman est un chef d'oeuvre, il faut juste comprendre et réussir à l'apprécier. Tu dis que ce roman est pas bien mais en même temps si tu connais pas Stephen King ne vient pas dire ça :P Et quand je vois sur Livraddict que tu mets 5/20 à ce livre c'est vraiment exagéré surtout que dans ta critique tu finis par dire qu'il est pas nul, mais alors mdr pk tu mets 5/20 ! :o

P'tite Souris 08/07/2012 11:14

Merci ! Bonnes lectures à toi aussi !

P'tite Souris 07/07/2012 08:04

Ce livre m'avait également dérangée, voire choquée quand je l'ai lu. Mais Stephen King réalise vraiment un bon thriller avec Misery (je ne me rappelle plus la fin...)

Davalian 07/07/2012 23:06



Nous voilà du même avis. Je pense d'ailleurs lire quelques-uns de ses livres (Salem et peut-être Ca et la Tour Sombre).


En substance la fin se construit ainsi : (attention ce passage révèle la fin de l'intrigue) Paul Sehldon parvient à leurrer Annie
en lui faisant croire qu'il brûle le Retour de Misery. Il en profite pour tenter de la carboniser. Mais rien ne se passe comme prévu et après avoir échoué à l'assommer avec la Royal, la
confrontation vire au pugilat. Annie est contrainte d'avaler des pages de l'ouvrage, tombe inconsciente. Après une accalmie, la voici qui se relève et qui poursuit son prisonnier dans une
course-poursuite des plus loufoques. Elle finira enfermée dans la chambre d'ami, avant de décéder dans la grange peu avant l'arrivée des forces de l'ordre. Dans le genre crédible... L'écrivain
quant à lui sera hanté par le fantôme de sa groupie avant de l'exorciser dans les dernières pages. Ultime dénouement qui n'a d'autre but que de tenir le lecteur en alleine pendant quelques
instants avant de lancer une happy end.


Bonnes lectures P'tite Souris !