Les Thanatonautes - Bernard Werber

Publié le par Davalian

bw.jpgS’il n’est plus nécessaire de présenter Bernard Werber, Les Thanatonautes n’appartenant pas à ses œuvres les plus connues (les séries consacrées aux Fourmis et aux Dieux, ses diverses encyclopédies…), méritent une petite chronique. Commencer en décrivant un ouvrage de qualité, bien mené, bien écrit, original, qui se lit sans résistance, qui se révèle être passionnant du début à la fin exception faite de quelques passages un peu décevant (la bataille du 14 mai, la figure de Lucinder, les notes des services de police…), s’impose. Un livre à lire ? Indéniablement  et immédiatement, qu’on se le dise !

Écrit au cours des années 1990 et lancé dans un futur proche, le récit n’en parait pas moins intemporel. Sans doute destiné à donner plus de crédibilité au texte, cette projection se révèle superfétatoire et les quelques jalons temporels parviennent difficilement à créer l’idée d’un futur. Et c’est tant mieux ! Car il n’est pas ici question de science-fiction, plutôt d’un hommage rendu pêle-mêle aux découvertes, à la science, aux religions, aux croyances mythologiques. L’ensemble tient-il debout lorsqu’il s’agit de découvrir ce qui se passe après la mort ? Et bien oui !

Il faut certes faire un petit effort pour dépasser certaines appréhensions (les voyages dans l’au-delà depuis un fauteuil de dentiste, les ectoplasmes…), mais l’auteur nous le rend bien. Les personnages masculins et féminins sont tous attachants (et tout particulièrement Stéphania et Michael, du moins dans la première partie de l’ouvrage tant celui-ci bouleverse les clichés habituels du protagoniste médecin). L’utilisation de l’humour pour évoquer la mort, lorsque que c’est un enfant qui tente de la comprendre est tout simplement… risqué mais réussi. Cette phase d’accroche n’est du reste qu’une brillante invitation à poursuivre une histoire haute en couleurs.

L’invitation est bien (trop) vite suivie par le corps du livre : une conquête de la mort, métamorphosée pour cela en nouveau continent. Les balbutiements des débuts, les premières découvertes, les réussites, les échecs, les avancées, l’impact sur le monde… le récit est d’une richesse insoupçonnée. Petite aparté : il est vraiment bon de lire ce livre pour tout(e) Français(e). Le texte est encore émaillé de nombreux joyaux (les références mythologiques) tous plus brillants les uns que les autres. Et autant garder le meilleur pour la fin : le talent de l’écrivain pour réussir à concilier science et croyance sans vraiment trancher entre les deux. Les révélations finales et le dénouement, qu’en dire, sinon qu’ils sont à la hauteur de ce qui précède. Une expérience à lire et à vivre,  un ouvrage intemporel et contemporain : une très bonne surprise !

Publié dans Inclassables

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