Les Misérables - Victor Hugo

Publié le par Julien S. (Davalian)

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Lire Les Misérables au XXIème siècle demande beaucoup de patience. Il faut bien reconnaître que les quatre premières parties sont descriptives, il ne s’y passe pas grand-chose. Il faut arriver à dépasser ce qui apparaît aujourd’hui comme un obstacle propre aux romans à feuilleton. Ce paramètre est d’autant plus important que d’autres auteurs se lisent plus facilement (le duo Malet-Dumas, maître d’œuvre des Trois Mousquetaires, de Vingt ans Après ou de La Reine Margot).

S'étant acquitté de ce prix, Le lecteur va pouvoir découvrir le Paris d’avant Haussmann. Théâtre qui verra évoluer des personnages clés de la littérature : Jean Valjean, Cosette, Marius, les Thénardier, sans oublier l’épopée de Gavroche. Il s’agit plus d’une chronique d’une partie de la société française coincée entre une Restauration finissante et une Monarchie de Juillet déjà condamnée que d’un roman historique. Les moments les plus marquants font intervenir la bataille de Waterloo, les barricades de l’insurrection de l’enterrement du général Lamarque (1832). Ce dernier évènement étant conçu par l’auteur comme un préalable assumé du Printemps des Peuples (1848).

J’avoue avoir eu du mal avec ce chef d’œuvre sur un point : l’auteur est omniprésent et s’érige en démiurge. Les prises de position du barde de la République sont indissociables et camouflent celles de l’homme politique. Ces dernières variant en fonction des époques et ne sont pas toujours aussi favorables au Peuple, ici sacralisé. Le côté politique mis à part, l’œuvre est une ode à la morale et la vieillesse (et en particulier à l’image du grand-père). Un moment du XIXème siècle que je conseille aux seuls motivés et déjà initiés.

Publié dans Victor Hugo

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Plume vive 25/06/2017 21:07

Pour l'avoir lu moi aussi, c'est ici que j'ai compris l'utilité des versions abrégées :)