Les lumières de Géhenne - Eric Marchal

Publié le par Julien S. (Davalian)

emin.jpgLe talent déployé par Eric Marchal dans Les ombres du ciel se retrouve dans Les lumières de Gehénne, qui clôt le cycle Influenza. Si le roman n’a été récompensé par aucun prix, il reste tout aussi captivant que son prédécesseur, ce qui relève déjà de l’exploit.

Celui-ci n’est pas vraiment une suite, il faudrait plutôt parler de prolongement de l’intrigue. L’auteur aurait pu nous faire le coup d’une fin théâtrale. Il s’en est abstenu, laissant au lecteur le plaisir de la découverte inattendue d’un Alexandre Beaumont meurtri, abandonné de tous, coupé de tout ce qu’il a précédemment vécu. Tout au long de l’histoire, qui se laisse lire d’une traite (malgré un récit de plus six cent pages en version Pocket), l’écrivain vitelois parvient à surprendre constamment, laissant croire qu’il va s’embarquer dans un passage convenu pour s’en écarter avec malice. Les pistes les plus évidentes laissées là comme à dessein, en seront les premières à en faire les frais. Les surprises sont tellement nombreuses qu’elles redonneront espoir à n’importe quel bibliophile blasé.

Plusieurs personnages font une nouvelle apparition : Isaure, Philips, Kathleen (légèrement sacrifiée) mais aussi Ashaï, Morani, Gebrauer et tant d’autres. D'autres disparaissent et de nouveaux font leur leur apparition. La manière dont l'auteur les exploite est magistrale ! L’histoire s’intéresse moins à la grippe espagnole du point de vue scientifique et privilégie les rapports de force entre services secrets. Il ne sera plus question d’une escapade à Shanghai sacrifiée pour Lausanne. D’autres horizons avec autant d’ambiances seront évoqués et notamment Londres (défiguré par le Blitz), Berlin et quelques autres villes du IIIe Reich tout aussi ravagées… mais par les Alliés ! Enfin, le final est tout simplement remarquable et justifie à lui seul la lecture de ce cycle. L’occasion est offerte de vivre une apocalypse de l’intérieur… rien que ça !

Deux romans historiques qui gagnent à être lus et connus. Ils entrent tous deux dans mon panthéon romanesque, resté inchangé depuis au moins quatre ans.

Publié dans Eric Marchal

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