Les enchantements d'Ambremer - Pierre Pevel

Publié le par Julien S. (Davalian)

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Imaginer Paris sans la promiscuité, les bouchons, le  RER, la pollution, le stress, les vendeurs de marchandises plus au moins illégales et fâcheux de tout horizon c’est à la portée de tous. Pierre Pevel va plus beaucoup loin et nous offre une expérience unique. Laissons-le parler : "imaginez des nuées d’oiseaux multicolores  nichés parmi les gargouilles de Notre-Dame ; imaginez que, sur les Champs-Elysées, le feuillage des arbres diffuse à la nuit une douce lueur mordorée ; imaginez des sirènes dans la Seine (…) ; imaginez la tour Eiffel bâtie dans un bois blanc qui chante à la lune (…) ; imaginez la reine des Fées se rendant à l’opéra dans une Rolls Royce Silver Ghost (…) ".

Un Paris d’antan coincé entre Haussmann et la Grande Guerre est ainsi revisité à la sauce fantasy. Dans une première partie, le lecteur est littéralement prisonnier d’un univers enchanté qu’il ne quitte qu’à grand peine (déjà l'heure de se coucher ?!). L’auteur s’amuse à lui faire croire par un curieux jeu de références qu’il l’embarque pour un voyage aux abords d’une autre réalité, toute proche, constituée par d’innombrables œuvres de fiction écrites au fil des siècles. Il ne ménage pas ses effets pour convaincre tous les lecteurs qui mettront la main sur ce livre.

Mais bien plus qu’un univers (qui est pourtant le fonds de cet ouvrage incontournable et unique), il est une porte ouverte laissée aux sceptiques vers la fantasy. A cet égard, la préface est des plus intéressantes. Il est bien plus accessible que des monuments écrits par Tolkien et Brooks habituellement conseillés aux débutants.

Les lecteurs plus aguerris découvriront au fil des pages des personnages attachants qui se dévoilent lentement puis de plus en plus intensément. Une profondeur insoupçonnée de premier abord éclatera au grand jour. Tout comme l’intrigue qui s’étoffe progressivement et qui finit par accaparer toute l’attention. Commençant par une accumulation de récits, histoire de mettre en place l’ambiance, Pierre Pevel opte ensuite pour les mécaniques du polar puis celles des romans d’espionnage (sur fond de relations internationales entre France républicaine et Russie tsariste de la Belle Epoque) pour offrir un final labellisé « fantasy ».

Le tout forme une œuvre à nul autre pareil, un véritable chef d’œuvre hélas hautement méconnu. Une grande découverte, qui je l’espère attira de nombreuses lectrices et un contingent de curieux. Les enchantements d’Ambremer reste le meilleur ouvrage que j’ai lu ces dernières années, à côté du Siècle des Chimères de Philipe Cavalier. Ayant utilisé suffisamment de superlatifs (du moins je l’espère) il me reste quelques arguments à développer : l’ouvrage fait à peine 350 pages, coûte moins de 10€ et ne s’inscrit dans aucun cycle… Bravo et respect M. Pevel !

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