Le Portrait de Dorian Gray - Oscar Wilde

Publié le par Davalian

dgimageCe roman possède une histoire, qui m'a incité à le lire. Il fut le le grand rival heureux et triomphant du roman épistolaire Dracula de Bram Stocker. L'auteur effectue quelques clin d'oeil aux nouvelles d'Arthur Conan Doyle (en particulier celles qui mettent en scène le célèbre Sherlock Holmes) et renvoie à une époque popularisée par Edgar Allan Poe. Toute une ambiance donc. Pourtant, la déception a été rapide. Comparé à Dracula, les deux œuvres se rejoignent sur un seul point : leur côté gothique (comprendre dérangeant et sulfureux) pour la Grande Bretagne de la reine Victoria.
Aujourd'hui, le côté maléfique de Dorian Gray prête à sourire. Certes, le serment, le lien avec le célèbre tableau fondent la personnalité de ce roman mais elle passe rapidement au second plan. Il y a bel et bien de quoi se satisfaire (des meurtres, des scandales suggerés, les bas-fonds d'une société), mais le lecteur du XXIè siècle est depuis bien longtemps rassasié de tels passages. Reprocher la "vieillissement" étant exclu, il faut donc chercher aller un peu plus loin.
Là où en revanche l'auteur nous surprend par son talent, c'est dans le pari de transformer une nouvelle en une sorte de pièce de théâtre qui emprunte des attributs à plusieurs muses et notamment Euterpe (pour la musique). Il surprend également pas ses descriptions et son côté précieux (le livre à la couverture jaune, le miroir ouvragé).
Les deux thèmes les plus importants du livre sont liés. D'une part, l'évocation à mots couverts et références choisies d'une bourgeoisie homosexuelle. D'autre part, la critique de la société d'époque. Celle-ci garde sa saveur et même son actualité aujourd'hui. Le personnage de lord Harry, anticonformiste, rebelle-aristocratique eclipse bien rapidement celle du protagoniste éponyme de ce roman. Les vérités affirmées telles des philosphies méritent toute notre attention. Pour preuve, les nombreuses perles qui constellent ce classique "La seule manière de se débarasser d'une tentation est d'y succomber." ou encore "Toute réussite nous attire un ennemi. C'est la médiocrité qui entraîne la popularité.". Et tant d'autres encore...

Publié dans XIXème siècle

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