Le meilleur des mondes - Aldous Huxley

Publié le par Julien S. (Davalian)

ahmm-copie-2.jpgRenouant avec la pratique littéraire de l’utopie, Aldous Huxley imagine un monde dans lequel la société de consommation a fini par triompher de l’humain. Quel intérêt alors qu'il suffit de suivre l’actualité pour s’en immerger au quotidien sans fournir l'effort de lecture ?

Écrit en 1931, l’État mondial ("Communauté, Identité. Stabilité.") est une critique radicale qui ne s’applique que trop à notre société contemporaine. Ford y remplace toute référence religieuse, l’eugénisme et le clonage sont devenu la norme, la procréation naturelle un péché immonde et les femmes vantées pour leurs qualités "pneumatiques ". Aujourd’hui encore l’ouvrage possède une force avant-gardiste, malgré la diffusion à plus grande échelle de la science-fiction. Cet ouvrage me semble-t-il en est l’un des classiques, au même titre que les ouvrages de Emile Driant ou Jules Verne. La réflexion qui tourne autour du conditionnement ne laisse pas indifférent. Souvent cité dans les ouvrages scolaires, certains passages sont archi-connus, ils n’en interpellent pas moins le lecteur sur son propre statut de victime consentante d’une société qui lui impose ses us et coutumes.

Bien plus qu’une fiction, qu’un pamphlet ou qu'un récit futuriste, ce roman propose une réflexion philosophique quant à la place de l’humain. Les références à Candide (l’usage maîtrisé de l’ironie mérite d’être souligné) sont tout aussi nombreuses que les clins d’œil faits au mythe du "bon sauvage ", revu selon le canon de la chapelle romantique. Cet ouvrage séduira tout particulièrement les adeptes de littérature et critiques de la société de consommation. Il est d’ailleurs étonnant que l’ouvrage ne bénéficie pas d’un retour en grâce alors même que toutes les leçons qu’il professe (gentiment) sont devenus… les nouveaux présupposés tendance !

Publié dans XXème siècle

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