De la Blanche pour les Rouges - Alain Thon

Publié le par Davalian

atbpr.jpgAlain Thon opte pour un titre plus vendeur pour ce deuxième roman faisant intervenir Théo Filippi. Comme dans Mort suspecte d'un franc-maçon, les bons sentiments sont légions et la lecture se révèle agréable et prenante. Tous les ingrédients utilisés pour le premier tome sont une nouvelle fois travaillés avec succès, notamment la chaleur des personnages secondaires, les pérégrinations entre Paris, Monaco et la Lorraine. 

Toutefois, l’intrigue en souffre et certains passages sont assez maladroits. Ceux-ci demandent une certaine indulgence que le lecteur peut facilement pardonner. L’enquête passe au second plan. D’ailleurs il est plutôt curieux de constater à quel point le personnage principal développe une capacité à déléguer ses responsabilités. Il reflète une autre manière d’enquêter, loin de l’omniscience traditionnelle d’un personnage central (Sherlock Holmes, les romans d’Edgar Allan Poe).

Malgré la présence d’un triple meurtre et la place importante qu’il tient dans ce livre, l’auteur s’attelle à une autre tâche : faire connaître la franc-maçonnerie. Et il faut le reconnaître qu'il réussit son pari. Les néophytes découvriront et apprendre certaines choses qui permettront de démystifier l’opacité perméable des us et coutumes d’une société prétendument secrète dont les rituels ont donné lieu à un nombre d'ouvrages au fil des siècles. Il n’empêche que cette plongée dans le milieu est agréable et prenante. Une fois commencée, le lecteur est comme happé et ne peut s’en sortir avant la fin.

Alain Thon règle quelques comptes avec le duo Giacometti et Ravenne. Il est d’ailleurs leur antithèse : un écrivain crédible sinon réaliste. Si l’ouvrage a de l’ambition, il s’adresse aux lecteurs attirés par le symbolisme. Pour ceux qui comme moi sont un peu moins ignorants, la lecture n’apportera pas grand-chose de neuf de ce côté-là. Quoique... car le côté relationnel est exploité avec une certaine finesse critique.

Seul bémol : le règlement de compte politique auquel se livre l’auteur. Celui est déplacé et simpliste sans pour autant faire dans la caricature. Heureusement est-il secondaire. Le chapitre consacré à la ville de Metz est un petit bijou. Une véritable visite guidée de quelques pages qui ne peut qu’attirer quelques touristes curieux. Il contribue à lutter contre certains clichés qui lui sont traditionnellement attachés. Visite qui par ailleurs révèle quelques surprises que les Parisiens seront ravis de découvrir.   

Publié dans Alain Thon

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