Ceux qui vont mourir te saluent - Fred Vargas

Publié le par Julien S. (Davalian)

vargas.jpgTous les meurtriers que j’ai connus qui ont eu le sang froid de préparer et d’utiliser du poison avaient des alibis en ciment. C’est cela que nous devons rechercher, ceux qui ont des alibis sérieux et convaincants. D’emblée Ceux qui vont mourir te saluent se pose comme un roman policier iconoclaste. D’ailleurs, il ne s’agit pas à proprement parler d’un roman mais d’une nouvelle qui n’échappera pas au genre des romans de gare.

Tous les ingrédients sont réunis : Richard Valence, enquêteur officieux trouble  au passé incertain, la femme fatale, les victimes, les suspects plus nombreux les uns que les autres, les fausses pistes, les conflits avec les enquêteurs officiels, un scandale gouvernemental en vue… Seul le triumvirat des empereurs (Tibère, Claude, Néron sans oublier Livia) vient édulcorer le tout. Leur étrangeté fait sourire avant de devenir franchement agaçante. Petit extrait : Tiens, Laura, je te présente notre ami Néron, la troisième pointe satanique de notre triangle démoniaque qui met la ville de Rome à feu et à sang... Lucius Domitius Nero Claudius, sixième César... Avance Néron ! Fais très attention lui, Laura... C'est un fou complet et définitif. C'est le fou le plus complet que Rome ait jamais abrité dans ses murs depuis longtemps... Mais Rome ne le sait pas encore. C'est ça, l'ennui.

Fred Vargas est ici une iconoclaste trop mesurée, jamais inconvenante, toujours conventionnelle et ce sans jamais tomber dans l’absurde, dommage… L’utilisation de la ville de Rome est originale et bien vue : ville poisseuse qui sert de décor à un monde trouble, obscur que l’on devine sans toutefois le découvrir vraiment. Ingénieux également l’évocation du cadre de la bibliothèque du Vatican, quelques couloirs (pour être gentil), quelques relations de pouvoir esquissés. La dame du polar français a commis cet ouvrage bien avant le début des ravages du Da Vinci Code, toutefois l’évocation de trafics au sein de la sacro-sainte bibliothèque, pièce inédite de Michel-Ange (qui n’a du reste rien demandé) à l’appui, est pour le moins superfétatoire. Au moins la nouvelle a –t-elle le mérite de se lire rapidement !

Publié dans Policier

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