Archives du Nord - Marguerite Yourcenar

Publié le par Davalian

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Après Souvenirs pieux, voici le deuxième tome du Labyrinthe du monde. Marguerite Yourcenar continue sur sa lancée, cette captivante plongée dans ses origines familiales. Cette-fois ce sera la branche paternelle qui sera passée au crible. Et ne parlons pas de suite mais de parallélisme temporel. 

La démarche généalogique est bien moins sensible qu’auparavant, cette fois-ci ce sont les souvenirs qui prennent la première place. Le contexte historique parle de la France des XIX et XXe siècles. Son histoire est vécue de manière personnelle. Comme par le passé, l’auteure distille une critique d’une certaine société et de l’humanité dans son ensemble. Que ce soit de manière plaisante au travers de certains personnages de sa famille, certains traits de caractère consciencieusement assaisonnés au vitriol ou que la critique prenne une dimension qui frise avec l'hubris. Mais ô combien celle-ci est-elle méritée !

La place conquise par l’homme, les comportements d’une vie ou du quotidien… tout est sujet à de vertes réprobations. Le ton pourrait agacer, mais ce serait sans compter la plume d’une Marguerite Yourcenar qui ne lasse jamais. La voici vers la fin de sa vie et sans doute au sommet de son art. La lecture est toujours captivante, l’attention ne peut faiblir. Son talent sévit une nouvelle fois ! Malgré de fréquentes références à l’Œuvre au Noir, cet ouvrage ressemble plutôt aux Mémoires d’Hadrien par l’omniprésente ombre de l’Histoire.

La place du père prend ici tout son sens et surprend. L’expérience est tout à la fois universelle et intimiste. Un véritable chef d’œuvre !

Publié dans Marguerite Yourcenar

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