22/11/63 - Stephen King

Publié le par Davalian

Stephen-King-221163.jpgUchronie, roman historique, science fiction, fantasy… les genres ne manquent pas pour classifier hâtivement 22/11/1963. Il n’appartient à aucun genre en particulier, bien qu’un peu à chacun d’entre eux quand même. Il faut le lire pour se faire une idée ou plutôt vivre une expérience.

Cette expérience s’appelle un voyage dans le passé (désolé pour la révélation, mais elle st indispensable)… qui mettra quand même 100 pages à arriver et brise un effet de surprise qui aurait été d’autant plus bienvenu que la couverture (chef d’œuvre graphique) en dit déjà long. Vous l’avez compris : l’assassinat de Kennedy est au centre de l’intrigue. Mais celle-ci prend des proportions bien plus importantes.

Le voyage temporel (qui représente 90% du scénario) permet de vivre plus que de lire un manifeste expiatoire dédié au États-Unis des années 1960. King évite avec panache le piège d’une vision magnifiée du passée. Car s’il sacrifie à la nostalgie à de nombreux moments il n’oublie jamais de mettre en avant les points que l’on oublie, qui gênent, que l’on veut trop vite oublier (la place des femmes et des Noirs, le passage de Sadie s’étonnant d’Obama, ou les fameuses toilettes, sont emblématiques). Ces passages de critique mémorielle n'ont font pas pour autant un livre d'histoire ou même un roman historique. Difficile de faire sans, me direz-vous…

La galerie des personnages est impressionnante. Si certains (et même les figurants) suscitent la sympathie, d’autres sont dépeints sans concession et la majeure partie restent dans un clair-obscur époustouflant. Le protagoniste suscite immédiatement la sympathie et ses tribulations se suivent avec plaisir. 

Pour apprécier pleinement cet ouvrage il faudra être américanophile, voire étasunien(ne). Les références culturelles sont nombreuses et pas toujours accessibles au grand public (du moins européen). Le style de narration est tout à la fois moderne et original, qui se dévoile à mi-parcours et révèle son potentiel lors du dénouement. Bien que long (pour ne pas dire très long), l’ouvrage offre quelques bonnes surprises et un rythme jamais égal long, rapide, haletant à l’unisson d'ambiances passant par la morosité, la grisaille, la joie, la tension, la douleur… Ce livre est un vrai film de cinéma (réussi) !

Bien souvent déconsidéré en France comme un auteur en série d’ouvrages de qualité médiocre, King offre de quoi détruire cette image. Une bonne expérience mais à réserver à un public averti et patient ! 22/11/63 reste le livre à lire de ce début d’année 2013 !

Publié dans Inclassables

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ChristellePL 09/04/2013 14:08


Retrouvez la critique de cet excellent roman dans la rubrique "micro-chronique" de mon site http://www.christelle-pigere-legrand.com/